Quand les biotechs montpelliéraines innovent pour les soins de demain

10 avril 2026

Ce mardi 7 avril 2026, Eurobiomed a réuni l’écosystème en innovation santé montpellierain pour un Biorézo dédié aux nouvelles pépites biotech du territoire, au sein des locaux de l’IRCM et grâce au sponsoring de Worldwide Clinical Trials. 

Accueillies par Nathalie Bonnefoy, directrice de l’IRCM, et William Jacot, directeur scientifique de l’ICM, cinq startups innovantes ont présenté leurs approches thérapeutiques prometteuses dans les domaines de l’oncologie, des maladies auto-immunes et des neurosciences,. 

« Fin 2027, début 2028, s’ouvrira le Centre de Transfert de l’Innovation en Oncologie » 

L’Institut de Recherche en Cancérologie de Montpellier joue en effet un rôle central dans l’écosystème d’innovation en santé du territoire. « Notre mission est d’assurer un continuum entre la recherche fondamentale, translationnelle et clinique en cancérologie », a rappelé Nathalie Bonnefoy. 

L’institut s’apprête à franchir une nouvelle étape avec l’ouverture d’une infrastructure majeure. « Fin 2027, début 2028, s’ouvrira le Centre de Transfert de l’Innovation en Oncologie (CTIO), avec de nouvelles plateformes et la possibilité d’héberger des biotechs travaillant sur le cancer », a-t-elle annoncé. 

Cette dynamique s’appuie sur une culture entrepreneuriale forte. « Les chercheurs de l’institut sont très proactifs en matière de valorisation de leurs recherches et de création d’entreprises », a souligné la directrice. 

20 millions de personnes souffrent de polyarthrite rhumatoïde 

Parmi les startups présentes, Arthritis4Cure développe une approche innovante pour traiter la polyarthrite rhumatoïde. « Vingt millions de personnes souffrent de cette maladie. Les meilleurs traitements sont immuno-déprimants, et entraînent des effets secondaires graves », a expliqué Lionel Comole, CEO de la société. La biotech propose une alternative thérapeutique plus ciblée. « Avec notre traitement, nous n’éliminons que les cellules B pathogènes », a-t-il précisé. Cette approche sélective vise à préserver le système immunitaire tout en traitant la maladie. La société affiche des ambitions cliniques rapides, et compte aller chez le patient dès fin 2028. 

aKen Medical, lauréat d’un i-Lab en 2025, développe quant à elle une plateforme à base de nanoparticules intégrant des substances radioactives. « Nous développons des radioligands, des molécules radiomarquées, auxquelles nous associons un matériel radioactif qui délivre des radiations sur les cellules cancéreuses avec une très grande précision », a détaillé Jean-Pierre Pouget, co-fondateur de la société. Cette technologie permet une double application thérapeutique et diagnostique, en combinant l’action thérapeutique des radiations avec des capacités d’imagerie médicale. 

Ventuno Biotech poursuit également des travaux en immuno-oncologie. « Nous voulons lever la résistance aux traitements actuels », a indiqué Eloïne Bestion, Program Director. La société a réalisé une levée de fonds de 3 millions d’euros en 2025, lui permettant de structurer son développement. « Notre siège est à Lyon, notre R&D est hébergée à l’IRCM et nous réalisons notre expérimentation animale au Sanofi Biopark de Montpellier », a-t-elle précisé, illustrant l’ancrage territorial de la startup. 

« Seul 1 % des doses arrive au bon endroit » 

SoteriaBio, elle, propose une innovation majeure dans l’administration des anticorps thérapeutiques. « Aujourd’hui, la plupart des anticorps sont administrés par voie systémique. Seul 1 % des doses arrive au bon endroit », a constaté Solène Passemard, Head of Research Operations. Face à cette inefficacité, la société développe une alternative par inhalation. 

« Nous prévoyons un traitement inhalé, où 50 % de la dose arriverait au bon endroit », a-t-elle expliqué. Cette amélioration spectaculaire de la biodisponibilité pourrait transformer les protocoles thérapeutiques. « Nous souhaitons aujourd’hui nous focaliser sur le cancer du poumon », a précisé Solène Passemard, ciblant une indication où l’administration locale présente un intérêt thérapeutique majeur. 

Sitera Pharma développe des solutions pour les neurosciences et s’attaque à des pathologies rares et graves en traitant les dysfonctionnements des membranes associées aux mitochondries (MAMs) pour rétablir les fonctions cellulaires associées. « Notre première indication est le syndrome de Wolfram, une pathologie pédiatrique neurodégénérative rare pour laquelle il n’existe aucun traitement », a indiqué Henri Piras, CEO de la société.  

 

Chacun de ces pitchs a été l’occasion de nombreuses discussions, pendant les sessions de présentation et lors du cocktail qui a suivi. Un véritable témoignage à la fois de la vitalité de l’écosystème montpellierain et de la mission d’Eurobiomed, de fédérer la communauté de l’innovation en santé du sud de la France, et accompagner ses entreprises dans leur développement.